Description
À l'occasion de La Marche des Fiertés 2026, Lime invite les Français.es à (re)découvrir Paris autrement : en selle, à leur rythme, pour une balade placée sous le signe de la fierté.
Un parcours de 11 kilomètres pour pédaler à travers l’histoire
11 kilomètres, 10 étapes pour retracer les mémoires de la lutte LGBTQ+ parisienne, des rues du Marais aux hauteurs de Pigalle, Lime a imaginé une balade vivante de 11 kilomètres et 10 étapes à travers deux siècles d'une histoire, qui est aussi celle de Paris.
Étape 1 : Le point de départ : rue Montorgueil, au numéro 67. Une plaque discrète y rappelle les noms de Jean Diot et Bruno Lenoir, les deux derniers Français condamnés à mort pour leur homosexualité, en 1750. Un point de départ qui donne le vertige, et le sens du chemin parcouru.
Étape 2 et 3 : Le combat militant. Quelques coups de pédale suffisent dans le 3e arrondissement au 25 rue Michel-le-Comte, où se hisse une autre plaque rendant hommage à Daniel Defert, sociologue français et militant anti-sida. Il a fondé la première association française de lutte contre le sida, AIDES, après la mort de son compagnon, le philosophe Michel Foucault. À seulement quelques mètres, au 63 rue Beaubourg, le Centre LGBTQ+ Paris Île-de-France vibre encore aujourd'hui de cette même énergie militante : des dizaines d'associations y travaillent au quotidien pour que les droits conquis ne soient jamais des acquis.
Étape 4 : Danser pour protester. Dans les ruelles du Marais, avec un arrêt au 13 rue au Maire, se trouve Le Tango. L'un des lieux les plus emblématiques des nuits LGBTQIA+ parisiennes, ce dancing historique du Marais a traversé les époques, des bals populaires à la culture queer, avant de renaître après une fermeture qui avait inquiété ses fidèles. Il a traversé les répressions, les guerres et les épidémies sans jamais fermer ses portes.
Étape 5, 6 et 7 : La résistance. Au cœur du 4e arrondissement, les étapes 5, 6 et 7 incarnent trois places qui portent désormais des noms qui racontent le monde. La place des Émeutes-de-Stonewall rappelle que tout a commencé dans la nuit du 28 juin 1969, quand des clients d'un bar gay de New York ont refusé de se laisser embarquer sans se battre. Sur cette même place, une plaque honore Gilbert Baker, l'artiste qui a cousu de ses mains le premier drapeau arc-en-ciel en 1978 - ce symbole qui, depuis, ne cesse de traverser les frontières. À deux pas, au croisement de la rue des Archives et de la rue de la Verrerie, la place Harvey Milk porte le nom de cet élu américain ouvertement gay, assassiné en 1978 après onze mois au service de San Francisco - onze mois pendant lesquels il n'a cessé de se battre pour une loi contre les discriminations. Un peu plus loin, à l'angle des rues des Blancs-Manteaux et des Archives, la place Ovida Delect rend hommage à cette écrivaine transgenre qui, avant d'écrire sous son nom de femme, avait infiltré un réseau collaborationniste pour la Résistance, avant d'être arrêtée, torturée et déportée à Neuengamme. Trois places, trois vies, trois façons différentes d'avoir tenu debout.
Étape 8 : Prendre la parole. La balade remonte ensuite vers le 10e arrondissement, le long du canal Saint-Martin, pour rejoindre la Promenade Cleews Vellay. Président d'Act Up-Paris, mort du sida à 29 ans en 1994, Cleews Vellay incarne une génération qui a choisi la colère plutôt que le deuil silencieux. Fondée en 1989 sur le modèle new-yorkais, Act Up-Paris a révolutionné la manière de faire du militantisme en France - dans la rue et dans les médias - en forçant les pouvoirs publics à regarder en face une épidémie qu'ils préféraient ignorer. Cette promenade, dans un quartier aujourd'hui mixte et vivant, rappelle que la liberté de marcher ici à un prix, que d'autres ont payé avant nous.
Étape 9 : Marquer l’histoire. Le parcours remonte ensuite vers le nord, pour rejoindre le boulevard de Clichy. C'est sur son terre-plein central, entre les numéros 2 et 16, que s'étend la Promenade Coccinelle. Danseuse, chanteuse, actrice, Coccinelle fut en 1959 la première célébrité française à changer officiellement d'identité civile - défendue par un certain Robert Badinter. Inaugurée en 2017, cette promenade est la première voie au monde à porter le nom d'une personnalité transgenre.
Étape 10 : L’art pour se souvenir. Enfin, le parcours se termine par la 10ème et dernière étape symbolique un peu plus haut, au 10 rue Cauchois, devant la plaque de Copi. Dramaturge argentin, dessinateur pour Charlie Hebdo et Hara-Kiri et compagnon de Guy Hocquenghem, il a fait de Paris et de sa liberté sa patrie d'élection, et du combat pour la visibilité gay son art de vivre.