Description
Ces lieux n’ont pas fermé, ils rouvrent dès ce soir. Nous présentons nos excuses pour cette mise en scène à ceux qui s’en sont inquiété et remercions ceux qui nous ont rassuré par leurs messages.
Avec ce collectif de bars LGBT du Marais, le SNEG & Co a voulu lancer un signal d’alarme fort autour de la situation de nos établissements, dont on ne parle jamais mais qui sont inquiétés à longueur d’année. Le dernier épisode en date est une mise en demeure au Cox et au Quetzal, les menaçant d’une abrogation de terrasse.
Pour justifier cela, on parle de multiples PV pour nuisance et occupation du domaine public. Il peut y avoir du bruit parce qu’il peut y avoir du monde : c’est Paris, le centre de Paris, un quartier historique de fête. Toutefois, nous n’avons pas connaissance de plaintes de voisinage et s’il en existe, nous sommes nous aussi ouverts au dialogue pour aboutir à des solutions.
Nous n’avons pas choisi le calendrier, ces mises en demeure ont été adressées trois mois avant l’échéance électorale municipale ! Immanquablement, en quelques heures, volontairement maintenus dans le flou et sans chercher à savoir ce qu’il en était vraiment, les candidats ont invectivé : nous avons été accusés de « manipulation » par Dorine Bregman, maire adjointe de Paris Centre, Aurélien Véron, candidat de Changer Paris pour Rachida Dati à Paris Centre a attaqué l’actuelle mairie alors que samedi dernier, il postait une vidéo affirmant sa volonté de réduire « un peu » les terrasses de la rue Montorgueil.
Mais qui manipule les gays dans cette campagne, entre l’affaire du club des homosexuels qui voudraient faire battre Dati et ces mises en accusation selon lesquelles nous surferions sur l’homophobie, alors qu’il n’en est rien ?
Nous voulons simplement faire entendre notre voix et défendre nos activités. Nous sommes apolitiques, dans le respect de la diversité des idées de nos adhérents. Nous avons réalisé, invariablement dans la joie et la bonne humeur, une tournée dans nos établissements avec 4 des 6 listes présentes à Paris (Bournazel, Chikirou, Dati, Grégoire), RN et Reconquête ayant décliné.
Toutefois, puisque ces mises en demeure ont été adressées en pleine campagne, nous en profitons pour interpeller tous les candidats sur ce qu’ils entendent faire pour préserver un Marais LGBT qui souffre et menace de disparaître. Pour demain, veulent-ils encore d’un Marais gay ou un Marais triste constitué de boutiques de luxe et de pop-up stores ?
Sans posture partisane aucune, il s’avère qu’aujourd’hui, la mairie de Paris Centre est celle d’Ariel Weil et de son équipe. Alors que personne n’assume être à l’origine de ces mises en demeure, nous y avons été reçus lundi 23 février, non par le maire ni son adjointe, mais par deux conseillers techniques, pour lesquels nous avons toutefois le plus grand respect. Ils nous ont écoutés mais depuis… plus de nouvelles, alors qu’une réunion avec la Direction de l’Urbanisme s’est tenue jeudi 26 février. Nous ignorons ce qu’il en est ressorti concernant cette menace d’abrogation de terrasses. Sans elles, les établissements perdent leur âme et sont inexorablement condamnés à disparaître.
En Conseil d’arrondissement du 5 novembre 2024, délibérant sur la plaque commémorative du premier bar gay du Marais Le Village, divers propos ont été tenus sur le gay Marais : « On a plus besoin de venir à Paris Centre » ; « Les établissements changent de lieux, nous n’avons pas le monopole » ; « On peut être gay et sortir en dehors du Marais » … Ainsi, on commémore le passé, mais face à la gentrification, on ne fait pas en sorte de préserver un Marais gay dans le futur. On s’en tient au constat de sa transformation et on avance le rachat du Tango, ce qui est vrai, mais sur la base d’une opération globale reposant majoritairement sur une logique de création de logements sociaux.
Il est vrai aussi que des lieux queer ou friendly ont ouvert, éparpillés dans d’autres arrondissements, plébiscités par une clientèle nouvelle en demande : nous nous en réjouissons, pour la diversité de l’offre et parce que ces établissements sont aussi nos adhérents. Est-ce pour autant qu’il faut se résigner à abandonner le Marais, pour ce qu’il est et tel qu’il est, et pour être le dernier quartier gay historique de Paris ?
Nous avons interrogé tous les candidats sur sujet dans un même questionnaire adressé à tous. Nous attendons et publierons leurs réponses, en espérant que les promesses faites seront tenues.
Nous vous invitons à découvrir la vidéo illustrant notre questionnement : https://www.instagram.com/reels/DVdVbCqDIzU/